Jean-Marie Fornerod, L.C.

Jésus s’est donné à nous.

Lors d’une homélie qu’il prononçait le jour anniversaire de son ordination épiscopale, saint Augustin affirmait : « Vobis enim sum episcopus, vobiscum sum Christianus », « Pour vous je suis évêque, avec vous je suis chrétien » (Sermon 340).

Par ces quelques mots l’évêque d’Hippone résume ce qui fait le cœur de la vocation d’un ministre ordonné : ce qu’il reçoit le jour de son ordination n’est ni un honneur ni un avantage, mais un service, un service pour le peuple de Dieu. Le prêtre, tout comme le diacre ou l’évêque, est un homme comme les autres, avec ses talents et ses défauts, ses forces et ses faiblesses, que Dieu appelle à se consacrer de manière spéciale à son service et au service des hommes. Le prêtre n’est pas une sorte de « super-chrétien », il est, comme les autres membres de l’Église, un disciple du Christ (« avec vous je suis chrétien ») qui a besoin des sacrements, qui a besoin de l’aide et de la prière de ses frères et sœurs pour avancer à la suite de Jésus. Ce qu’il reçoit le jour de son ordination n’est pas pour lui. Ce qu’il reçoit, c’est un don pour les autres. Il devient un signe de la présence de Jésus dans le monde, il devient un instrument de la grâce.

Jésus s’est donné à nous, et il me demande maintenant de m’associer de manière particulière à ce don de lui-même, en devenant moi-même un don pour les autres. C’est en action de grâce que je vis ce moment, en demandant au Seigneur la grâce de pouvoir le laisser agir en moi. Je ne suis pas meilleur que les autres, bien au contraire. Et c’est seulement en laissant le Christ vivre en moi (« et ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » écrivait saint Paul aux Galates, Ga 2, 20) que je pourrai accomplir véritablement le service qui m’a été confié.

jean marie fornerodCe qu’il reçoit le jour de son ordination n’est pas pour lui. Ce qu’il reçoit, c’est un don pour les autres. Il devient un signe de la présence de Jésus dans le monde, il devient un instrument de la grâce.